Parachutiste journal de Yvette Ladys Para Commando

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d8a5600500a01dc2845ed386e622a247.gifladys-para-commandos.gif FEMMES PARA COMMANDO BELGE

"Le plus beau jour pour un para-commando n'est pas quand il reçoit son béret mais quand il en pose un sur la tête de son fils". Car j'ai eu le bonheur de pouvoir lui remettre son béret!!

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J'ai évidemment encore des photos mais je vais devoir les scanner.Mais je vais t'envoyer quelque chose un de ces jours qui t'aidera aussi (je ne dis rien, surprise ...). Rép Yvette Merci pour les compliments ! J'ai écrit cela après avoir quitté. Il me semble que mes 3 enfants étaient nés quand tout à coup j'ai commencé à écrire. Il y a eu des rajoutes en rapport avec l'Amicale à la fin et puis quand j'ai tant râler à cause du saut raté avec mon fils. Pour finir il est devenu Para Cdo aussi. Il a obtenu son béret le 30 juin 2006 (le lendemain il y avait exactement 30 ans que j'étais arrivée à MLD). Ce jour jour-là j'ai écrit :

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Je ne vous cache pas que j’avais aussi mon orgueil machiste ébranlé lorsque j’ai entendu il y a quelques années ‘’ des femmes Paras commandos ‘’Cela n’avait pas de sens, elle ne sont pas capables de faire la même chose que nous, j’avais même entendu quand elle court les hommes sont chaque fois obligé de porter leur barda Jusqu’à ce jour le 05 Avril 2012 j’avais mis sur internet une photos ( La seule ) que j’avais trouvé dans notre littérature. Un email d'une dame Yvette. me dit avoir des  photos. Je découvre des dames ont vécu la même chose Par après je reçois son journal qui fait 180 pages et là je suis renversé  Quel témoignage, elle ont plus de mérite que Moi elle avait deux combats , l'entraînement et se battre contre ce machisme  J’ai été très embarrassé de coupé dans sont journal.

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                   Pour moi, notre devise  prend ici tout son sens ...

Bernadette Rossius : Bonjour, je suis vraiment désolée, j'ai complètement perdu de vue le fait que je devais mettre des photos pour votre site  Je m'y mets la semaine prochaine Bon WE de Pâques et au plaisir Bernadette Elles serviront à compléter le récit de Yvette. Quelques photos viennent aussi de : Chantal Berger - Sonja Van Tilburg -Christine Van Put- Maryse Good Smet.   

En 1976* Le colonel BEM R. Depoorter snccede au colonel BEM J. Rousscaux. Avec lui. débute l`ère des commandants de Régiment issus des sessions d`après-guerre de l`Ecole Militaire ou de l`Ecole de Préparation a la Sous-Lieutenance et non volontaires de guerre. Ces dames  Para-Commandos à I`issue du raid de Corsa.

beret-rouge.jpg VCF VERWILST  R/90598 à vos ordres mon Commandant »

Voyons, … Verwilst … Vous allez au CE Para à Schaffen à la date du 1ejuillet … …Qu’il était loin ce jour de septembre 1975 où, sans trop de conviction, je me suis présentée à la caserne Léopold à Gand pour demander les documents nécessaires afin d’entrer à l’armée. Pourtant le fait d’engager également des femmes ne m’inspirait pas confiance car j’étais persuadée que les places offertes étaient uniquement du genre cantinière, cuisinière ou à la rigueur une fonction administrative… J’ai toujours aimé tout ce qui touchait à la vie militaire. C’est vrai que plus jeune, je disais souvent que ce n’était pas sérieux que le service militaire soit réservé aux hommes

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           Ma chambre mon lit ( Yvette )                        Corvée patates

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beret-vert.jpg La convocation pour le CRS se trouvait dans ma boîte aux lettres : Deux jours au Petit Château où sur tous les papiers à remplir j’ai demandé le Régiment Para-Commando. Pourtant à l’interview, phase finale et souvent déterminante du passage au CRS, un officier a tout fait pour me faire changer d’avis en me disant que toutes les places au Regt étaient déjà  occupées et que je devrais attendre au moins 2 ans. Par contre, si je voulais  partir en Allemagne, il me promettait une incorporation rapide. Quel dilemme ! …Il a vraiment insisté jusqu’à la fin ..il m’a dit qu’il allait mettre mon dossier au congélateur !. 

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                              Yvette                               Christine (V P)   et Carine Simal

                                                                 Citadelle de Namur 

Mars 76 : Citadelle de Namur : ….Tests physiques et médicaux réservés aux candidats Para-Cdo. …. j’ai constaté pour la première fois qu’on n'exigeait pas la même chose de la part des femmes que de la part des hommes. Les tests étaient déjà adaptés. Par exemple, au lieu de devoir faire des tractions, nous devions rester pendues à la barre fixe le plus longtemps possible…. Je pense qu’on sous-estimait les capacités des femmes et qu’on n'a pas pris la peine de tester jusqu’où on pouvait aller. … …Le cross de 3 Km me faisait un peu peur ….Je n’ai pas dû faire un très bon temps mais j’ai tout de même réussi. ...

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31 Mai 1976 Peutie Enfin le jour « J » !Arrivée au Quartier Major Honsiou : Première déception ! Ce quartier, ces blocs, ces chambres, même le mobilier, étaient tellement modernes et neufs, que je n’avais pas du tout l’impression de me trouver dans une caserne. Même après ce moment, apparemment important et même un peu solennel, où l’on signe son acte d’engagement de 2 ans, je ne me sentais pas encore vraiment militaire. …

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2e déception : Nous n’avions pas les mêmes tenues que les hommes. Nos tenues de travail étaient affreuses, les bottines laides, mais l’ensemble nous donnait malgré tout un air de soldat. Et c’est bien pour être soldat que nous étions là, n’est-ce pas ? Nous, ça veut dire 2 pelotons de néerlandophones et 1 peloton de francophones. L’entente entre les 2 groupes linguistiques n’était pas fameuse mais nous avions peu de contact étant donné que nous dormions à des étages différents.…première visite au stand de tir de St Katelijne-Waver était folklorique. Certaines filles avaient tellement peur de l’arme, qu’elles pleuraient ! C’est vrai qu’il valait mieux caler convenablement le FAL contre l’épaule pour éviter les coups bleus…pendant notre séjour à Peutie, nous avons  participé à une parade pour le 1e anniversaire de l’admission des femmes à l’armée.…..Mon cœur militaire battait trois fois plus vite, j’étais si fière.

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beret-vert.jpg juin 1976 : Notre monitrice (il n’y avait pas encore de femmes gradées), nous a annoncé qu’un manque de place à Marche Les Dames ne permettait pas d’accueillir toutes les filles prévues initialement. Les candidats Para-Cdo étaient appelés individuellement chez le Comd Cie afin de connaître leur lieu d’affectation. Et c’est à ce moment-là que mon rêve s’est brisé quand on m’a annoncé que je ferais mutation à Schaffen. J’ai pleuré de rage, je ne voulais pas, ce n’était pas possible !Mais juste avant le rassemblement pour cette compétition, la monitrice m’a appelée et m’a annoncé qu’il s’agissait d’une erreur : j’allais à Marche Les Dames ! ! ! 

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1 juillet 1976: Le trajet Peutie Marche Les Dames s’est effectué en train, ce qui n’était pas une mince affaire vu la quantité de bagages que nous avions à trimbaler. …..Notre équipement militaire plus nos effets personnels remplissaient pas mal de kitbags et autres sacs….Gare de Namur, le véhicule que le CE Cdo devait fournir n’était bien sûr pas là. Les francophones ont appelé un taxi et nous, les Flamandes, nous estimions que nous avions droit au transport prévu et nous avons téléphoné à Marche Les Dames. Rapidement le véhicule est arrivé : un camion évidemment ! Où est le problème, me direz-vous.C’est très simple : nous étions en service-dress, donc en jupe (étroite !). Le spectacle ne devait pas être triste, des bonnes femmes en jupe qui essaient de grimper dans un Unimog en plein centre de Namur.….Nous longions la Meuse et peu de temps après nous avons enfin découvert notre nouvelle unité, le merveilleux site de Marche Les Dames. Attention, quand nous avons débarqué près de la cantine, je me suis quand même demandée où était la caserne, car nulle part on ne pouvait voir des vrais bâtiments militaires.Nous étions logées,ou disons plutôt entassées à l’annexe,au-dessus de la cantine.

d8a5600500a01dc2845ed386e622a247.gifNous étions tellement à l’étroit que si une d’entre nous ouvrait son armoire, la porte touchait pratiquement la petite table qui se trouvait au milieu et bloquait donc le passage. J’occupais le 1er étage de nos lits superposés, Dans la chambre il y avait 1 évier (pour 3 ou 4 occupants) et nous disposions d’une seule toilette et de 2 douches pour 20 filles. Nous avons d’abord fait connaissance avec nos 2 monitrices « A » : Martine Versele et Ingrid VE=ermeire. ……Elles étaient arrivées 1 mois plus tôt afin de connaître le quartier, le service intérieur et de goûter au programme qui nous attendait.

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beret-rouge.jpgThéoriquement ce programme ressemblait à celui des hommes, mais en pratique il a été trop souvent adapté aux capacités de beaucoup d’entre nous. Nous ne nous en rendions pas compte et nous nous demandions pourquoi nous étions si mal vues par les Para-Cdo masculins, surtout ceux des bataillons. Bien sûr ils ne savaient pas ce qu’on exigeait réellement de nous et de quoi nous étions capables, mais leur orgueil devait les empêcher d’accepter la vérité. Ce mépris aurait pu être évité ou en tout cas diminué, si au départ, la sélection avait été plus sévère. Certes, peu de filles auraient réussi mais au moins celles-là auraient été acceptées plus facilement. …..Je ne sais pas ce que l’armée belge a voulu prouver en engageant des femmes Para-Cdo mais ce n’était sûrement pas notre problème et nous étions heureuse d’être là.

beret-vert.jpg Les 3 mois d’instruction …..Réveil à 0555 Hr, appel cinq minutes plus tard. Au début l’appel se faisait dans le couloir de l’annexe……Là nous devions bien sûr être en tenue car l’officier de garde venait nous contrôler ….Nous montions au château pour aller déjeuner. Après le café (avec ou sans camphre ? ! ?) et la confiture ABL, qui est d’ailleurs excellente, nous entamions notre travail quotidien.L’avant-midi était réservé à l’apprentissage de notre futur job,c.à.d. essentiellement l’administration. …Je me suis retrouvée à la section du personnel, à cette époque-là un endroit calme où 2 adjudants et une employée suffisaient largement pour garder tous les dossiers à jour. L’Adjt De Roos et l’Adjt Vervinckt Ainsi j’ai fait la connaissance de l’homme qui allait rester mon chef de service pendant des années : l’adjudant Hermans ,Tintin pour les intimes, privilège réservé à quelques collègues S …. ….L’Adjt Hermans était  un chef de service qui exigeait de l’efficacité et du rendement, …. Bien sûr pendant les 3 premiers mois c’était différent, là il fallait travailler  un maximum le matin car l’après-midi était réservé à l’instruction. 

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beret-rouge.jpg Sur les cordes et les obstacles nous ne nous débrouillions pas trop mal, il y avait même des filles très rapides. Où les hommes passaient en force, nous, nous passions en souplesse.….Après les pistes, ce que je préférais c’était courir, j’ai toujours adoré les cross, ordinaires ou d’orientation, les road works et les speed marches.J’aimais également beaucoup les leçons de drill, de tactique, les séances de tir à Ronet.…L’été 76 a été un des plus chaud du siècle, exécuter la piste d’obstacles ou ramper dans les herbes brûlées de WartetT, sous un soleil de plomb, ce n’était pas vraiment ce qu’on attend du Club Med. Nous avions régulièrement des exercices de nuit, du genre doping suivi d’un bivouac…… ….Nous étions increvables, car malgré ce programme bien chargé, nous sortions tous les jours jusqu’à minuit, quand il n’y avait pas d’exercice de nuit bien entendu.Je me demande comment nous tenions le coup, car nous ne dormions pas beaucoup …..j’ai d’abord fait pas mal de voies à Marche Les Dames et après nous partions pratiquement tous les week-ends grimper à Freyr. Nous dormions au pied du rocher dans une toute petite tente, nous préparions nos repas dans nos gamelles et nous traversions la Meuse dans un minuscule bateau gonflable pour aller remplir notre jerrycan d’eau potable dans une grotte sur l’autre rive. Le soir nous allumions un feu de camp et nous buvions du thé en faisant notre planning pour le lendemain.

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beret-vert.jpg 5 octobre 1976 Tests de béret Bien que suffisamment entraînée, je me suis levée ce jour-là avec un poids sur l’estomac. Des tests ou des examens m’ont toujours rendue nerveuse. La piste de cordes n’a posé aucun problème et à la piste d’obstacles, je passais très facilement. Mais à la sortie des tuyaux, j’ai posé un genou sur un caillou et j’ai ressenti une douleur très vive. J’ai continué sans réfléchir et très vite je n’ai plus eu mal. Même l’après-midi, j’ai couru les 16 Km sans penser à mon genou. Pour faire notre speed-marche, nous étions accompagnées par le PTI du CE Para. La raison exacte de sa présence m’est inconnue mais tout le monde disait, et je crois que c’est vrai, qu’il était là pour contrôler nos tests. Ce n’était un secret pour personne que les filles de Schaffen n’avaient pas suivi le même entraînement que nous et apparemment on semblait douter de nos capacités. Nous avons couru en peloton et 99 minutes après le départ, nous franchissions l’entrée du centre. Nous avions réussi, le béret nous attendait… le swing, un test d’audace qui consistait à partir d’un petit rocher avec un trapèze et de lâcher en fin de course pour attraper une barre suspendue à un arbre. Avec l’élan on pouvait atteindre facilement la barre bien qu’elle paraissait encore loin au moment du lâcher. C’était assez impressionnant mais il suffisait d’avoir confiance et de lâcher quand l’instructeur donnait de GO.

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           POIGNARD-COMMANDO.jpg     Yvette dans la cascade fin du parcours brevet Commando

 

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 8 octobre 1976 Remise beret-rouge.jpg de bérets

Nous allions donc enfin avoir notre béret, un vert pour moi comme pour les autres filles qui restaient au CE Cdo, un rouge pour celles qui partaient à l’ESR et celles du CE Para venues également à Marche Les Dames pour la parade….Pour moi le béret de couleur a toujours été sacré et il doit se mériter. J’étais fière de ce que je venais de faire et je trouvais que j’avais le droit de porter un béret vert.

d8a5600500a01dc2845ed386e622a247.gifUn Para-Commando a comme devoir: De chercher à  se parfaire continuellement, de chercher la difficulté, d’essayer de connaître ses limites et de les dépasser. Il n’a pas le droit de contourner les obstacles mais doit foncer, quel que soit l’effort demandé. Quand j’ai  posé ma candidature pour le brevet para allemand, le Ce Cdo a accepté car on commençait à me connaître et on me faisait confiance, mais le Régiment a refusé mon inscription parce qu’il n’y avait pas de sanitaires réservées au femmes !

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                                                          Remise béret ( Yvette )          

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beret-vert.jpgAux sons de la marche des parachutistes et la marche des commandos (mon disque !), nous avons reçu, une par une, notre béret des mains du Colonel De Poorter, sous l’œil bienveillant de notre Chef de Corps, le Major Raes. Après nous avons posé pour des dizaines de photos et nous avons docilement répondu aux questions des journalistes. Evidemment, les articles dans les journaux ne correspondaient pas tout à fait à nos explications J’étais très heureuse d’avoir obtenu mon béret mais je me rendais bien compte que deux autres étapes très importantes restaient à accomplir avant de pouvoir se considérer comme para-commando : les 2 brevets «A». Je sentais également que j’essayerais d’aller plus loin dans les 2 branches et j’ai pris la décision ce jour-là de tenter de faire de la chute libre et pourquoi pas, obtenir la cordelette rouge.

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AILES.jpg  Le 11 octobre 1976 : brevet «A» Para  Pendant six jours, nous avons eu droit au grounds training. Après cette formation nous avions mal partout mais étions rassurées et bien décidées à sauter. Nous avons exécuté des dizaines de rollings, appris comment sortir décemment d’un ballon et d’un avion. Nous avons été suspendues dans des harnais et nous avons tellement tiré sur les suspentes que nous ne sentions plus nos bras. Le despatcher qui avait la charge de notre stick étaitl’Adjt Seghers. Dans un des hangars se trouvait la réplique en bois de la carlingue d’un C13O. C’était très efficace pour apprendre le drill du saut d’avion, …Le saut du fan m’avait un peu refroidie car j’avais trouvé ça « si haut » et avec mon vertige éternel, j’avais eu fameusement peur. Arriva enfin le jour J.

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                                                                      Yvette                       Margo ( W)

AILES.jpg 7e jour Tout se passait comme prévu, parade de saut, réception du parachute, fitting et puis … stand by ! Trop de vent ! ….Trois jours se sont écoulés ainsi. …..Nous allions donc enfin sauter. …Tout me semblait si irréel. Quand les sauts ont débuté, un vide s’est installé autour de moi. …..j’allais bientôt me retrouver également dans la cage du ballon. ….Un peu plus tard, c’était notre tour d’endosser le parachute et de se diriger vers le ballon. Petit à petit j’ai commencé à me demander ce que je faisais là, pourquoi j’avais été assez stupide de choisir le Regt Para-Cdo. J’aurais voulu abandonner tout, heureusement l’orgueil m’a retenue. Avec un énorme nœud dans la gorge, je suis entrée dans la cage et nous étions à peine à 5 mètres de hauteur, quand je me suis agrippée à un montant en pensant que je n’allais jamais le lâcher. …

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C’est avec horreur que j’ai constaté que le ballon était arrivé à 800 pieds et que j’ai entendu grésiller la radio «ok despatcher ». Le premier à quitter cette nacelle de malheur, était un breveté, ….et puis, comme un robot, je me suis avancée vers la porte. En regardant en bas, j’ai pensé que c’était moins impressionnant que prévu. Je n’ai pas eu le temps de penser à autre chose, sur le «go » j’ai fais un pas comme j’en avais fait des dizaines la semaine avant.La seule différence, c’est que cette fois-ci je continuais à tomber et que j’avais l’impression que ce parachute mettait une éternité à s’ouvrir. Mais non, tout était normal et une petite secousse m’a prévenue qu’il s’était bel et bien ouvert. Voilà, j’avais sauté ! Une immense joie m’a envahie ….Mais je n’ai pas eu le temps de profiter longtemps de cette sensation formidable car ma descente touchait déjà presque à sa fin et il était temps de déterminer ma dérive et de préparer l’atterrissage. Le contact avec le sol s’est fait en douceur. J’ai enlevé mon parachute et j’ai commencé le pliage sommaire. ….

Le deuxième saut était encore pire que le premier puisque l’on savait ce qui allait se passer. Je ne suis peut-être pas normale, mais pour moi c’était le contraire, j’ai eu moins peur. …Le lendemain matin, …. L’angoisse était là dès le réveil. ….Nous devions sauter avec Bergame ….Il paraît que ce n’est pas évident d’atterrir avec ce sac encore accroché. …Comble de l’horreur, notre despatcher n’était pas là ! ….Je peux vous assurer que notre moral en a pris en fameux coup.…Nous avions l’impression d’avoir été abandonnées. En plus, son remplaçant était le chef ELLERO, qui ne souriait pas, ne parlait pratiquement pas, bref, qui ne faisait rien pour diminuer notre détresse. Pour compléter ce «drame », une des francophones a refusé de sauter On pourrait croire que le saut de nuit est plus impressionnant parce qu’il fait noir, mais moi j’ai apprécié le premier. …Même à l’atterrissage j’étais plus détendue car je n’essayais même pas de voir quand j’allais toucher le sol.

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        Yvette sur la Dz de Schaffen                         Un stand up

AILES.jpg J’étais déjà heureuse d’être à Melsbroek, mais mon bonheur allait s’arrêter là car un nouveau stand by nous attendait. Cette attente nerveuse était épuisante et les quatre mousquetaire se sont installés sur un énorme bascule qui se trouvait dans le fitting-room. Nous y avons réellement dormi, ainsi le temps passait un peu plus vite car même si l’endroit a un certain charme (pour moi), il y a moyen de s’y ennuyer fameusement. C’est ce que nous avons fait pendant des jours d’ailleurs.

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                         Sonia et Yvette                           Stand by à Melsbroek

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AILES.jpg Quand la météo nous a enfin permis de monter à bord de cet avion magnifique et de décoller, je me suis, une fois de plus, demandé dans quelle galère je m‘étais embarquée. Quel boucan ! Et quelle puissance, il fallait vraiment forcer pour ne pas tomber sur son voisin lors du démarrage de l’avion sur la piste. …Heureusement, Schaffen n’est pas très loin de Melsbroek, mais quand les despatchers ont ouvert les portes, c’était encore pire. Après tout va tellement vite, stand up, hook up, tell off for equipment-check... ,

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……Puis c’était mon tour, je me suis levée et j’ai effectué le drill comme prévu, nous avons avancé jusqu’à la porte et puis la lampe verte s’est allumée, et arrivée dans la porte, j’ai sauté. Mais surprise ! Au lieu de tomber tout droit comme au ballon, on est jeté sur le côté et on balance comme une marionnette. Il faut réagir directement, faire 360° et s’écarter des autres parachutes. Pendant toute la descente il faut surveiller et éviter les proximités. …Dès qu’on est un peu tranquille de ce côté-là, il faut préparer l’atterrissage. …Ce premier saut d’avion s’est bien terminé ainsi que les trois suivants, ce qui mettait fin à notre séjour à Schaffen et fières comme Artaban, avec notre brevet Para épinglé sur la chemise-veste

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beret-rouge.jpg 4 novembre 1976 : Retour au bercail Pour se remettre directement dans le bain, nous avons dû faire la piste de cordes, notre belle piste de cordes, comparée à celle du CE Para. Après ce que j’avais vu, j’étais doublement heureuse d’être casernée ici. Apparemment, tout le monde n’était pas de mon avis car ma collègue n’osait plus monter ! On avait beau l’encourager, elle refusait de grimper. Ce n’est après les menaces du Comd Trg, qui menaçait de lui retirer le béret, qu’elle a enfin commencé en pleurant. Incroyable, disons inadmissible de la part d’un Para-Commando ! Je l’ai déjà dit, et je le dirai encore souvent, on peut avoir peur mais il faut pouvoir la dominer, sinon on n'a pas sa place au Régiment.

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         beret-vert.jpg16 mai 1977 Le Brevet «A» CDO

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Quand le mois de mai est arrivé, j’étais quand même un peu inquiète car nous allions bientôt quitter notre petite chambre avec un lit ABL tellement confortable comparé au plancher et la paillasse sur le lequel nous allions dormir pendant 3 semaines. Il faudra de nouveau se lever tôt, s’habiller dans cette tente humide et froide. J’avais regretté être arrivée à la fin de l’instruction mais ici je ne savais vraiment pas si j’avais envie de reprendre les exercices à un rythme soutenu.

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                                                                        Carine Simal et Sonia VanTilburg

beret-rouge.jpg Le 16 Nous avons reçu un grand sac en coton que nous avons dû remplir de paille et qui allait donc servir de matelas. Nous avons également reçu le matériel Cdo, cordelette, cuir et gants de rappel, singe, cordelette machard. Au briefing nous avons appris que nous avions également l’occasion d’obtenir le poignard d’or. Nous devions désigner une candidate par unité et celle qui l’emporterait devait battre au moins 1 des 6 candidats masculins au classement pour gagner le brevet de meilleur commando. Le CE Para allait être défendu par Chantale Berger , l’ESR par Carine Simal et le CE Cdo par moi. Premier exercice de nuit, la piste vertige, m’a paru fatigant car il faisait glissant et trouvais la cadence assez rapide. Je me suis vite réhabituée à la situation et une fois rodée, j’ai commencé à réellement apprécier les exercices. Même l’escalade ne posait pas trop de problèmes. Pourtant nos chers collègues masculins se moquaient souvent de nous. Par exemple, pendant notre leçon Tarzan, les types du peloton qui attendait faisaient des remarques désagréables. Mais quand c’était leur tour, ils étaient moins fiers. J’ai vu des mecs ramer fameusement et il y en a même un qui tout lâché pendant le rappel et qui s’est retrouvé en bas en quelques secondes.Les plus «courageux », je les avais vus à l’œuvre au début que j’étais au CE Cdo pendant que nous faisions la piste de cordes. Cette fois-là, j’en ai vu pleurer et même crier après leur mère ! J’ai pensé que l’escalade devait être très compliquée. Plus tard j’ai constaté que ce n’était vraiment pas le cas et surtout pas le Tarzan.

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beret-vert.jpg Troisième semaine nous avons fait la marche de 30 Km jusque Freyr, de l’escalade et du rappel là-bas, de la navigation en dinghy sur la Meuse jusque Dinant et pour terminer,  rejoint Marche Les Dames par équipe de deux. ….Quand nous sommes enfin arrivées à la tente, je me suis laissé tomber sur mon «lit » et j’ai dormi comme une bête. Ce qui était important pour le classement du meilleur commando, c’était le test 45 minutes.Au départ j’avais déjà de la chance, j’étais derrière Sonja qui ne montait pas assez vite à l’échelle du grand sapin d’où on descendait par un death-ride sans frein. ..Arrivée à la Rhubarbe, c’était encore pire. Il y avait trois cordes et j’ai été accrochée sur la même qu’une bonne femme de Schaffen qui ne trouvait pas de prises ! J’aurais bien pleuré. Tellement désespérée, j’ai voulu décrocher mon singe mais seulement l’instructeur au pied du rocher l’a vu et il a crié que si je le faisais, j’allais être disqualifiée. J’étais bien sûr très énervée en arrivant à l’amphibie où le Chef de Corps attendait pour voir si j’avais une chance d’obtenir le poignard d’or. Mon résultat était tout à fait acceptable.C’est donc pleine d’espoir que j’ai entamé la journée «test » pour les 9 candidats.

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                                                                                 Yvette en pleine action... 

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beret-rouge.jpg Ce jour-là, tout était chronométré. Nous avons commencé par le Tarzan, suivi du rappel Bouddha. Après cela, Bergham au dos, nous devions monter par la vallée du Tarzan et passer sur le double câble. A la fin de celui-là, un instructeur nous remettait une carte et une boussole et un exercice de lecture de carte nous emmenait jusqu’au fort de Marchovelette où se trouvait un des deux points. …Dans la vallée de la Gelbressée j’ai été encouragée par des gens du CE Cdo qui me disaient que mon temps était bon et que j’avais donc toujours une chance de gagner. …Sur le seuil de l’ancienne infirmerie, le chef Keibeck m’attendait pour le test «nœuds ». Après j’ai dû monter à Wartet par le Golgotha où Roger Delanghe testait nos réactions et capacités en matière de close-combat. A peine remis de mes émotions, je me suis dirigée vers le rappel dans la vallée du Charbonnier et, surprise, arrivée dans le fond, il fallait remonter par une échelle de l’autre côté. Moralement c’était dur et j’ai vraiment cru que n’allais pas y arriver. Je n’avais plus de force. Heureusement que cette fois-ci la fin était réellement proche car il ne restait plus qu’à descendre en rappel de la Boule et courir jusqu’au Refuge ou Maurice Rogen arrêtait le chrono. Je ne comprends toujours pas comment j’ai été capable de tenir le coup, je crois qu’on ne réfléchit pas, qu’on fonce et qu’il suffit de vouloir le faire. Les déplacements pendant le camp Cdo se font en courant ou en chantant en peloton et toujours en courant individuellement mais je n’avais plus assez d’énergie pour le faire. Pourtant quand j’ai appris que j’étais la première femme et que j’avais même battu des hommes, C’est également avec beaucoup de fierté que j’ai pu mettre l’Adjt Dewilde au courant qui m’a dit qu’il n’avait jamais douté de moi.C’était aussi le jour qu’avait lieu le challenge Danloy, une compétition inter-pelotons où les filles n’avaient bien sûr aucune chance. Il y avait une course en dinghy sur la Meuse, tirer à la corde (!) et plein d’autres «attractions ». En quittant le château, je suis tombée sur le peloton qui montait à Wartet pour aller faire la piste d’obstacles à l’envers. Ca devait se faire en groupe et elles pouvaient donc s’entraider. Elles auraient bien voulu que je le fasse avec elle mais j’ai été obligée de refuser, je crois que je les aurais même ralenties.Je garde un merveilleux souvenir de cette journée, je pense que plus on doit fournir d’effort pour obtenir quelque chose,  plus la satisfaction est grande.

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                                Frans Poelmans

beret-vert.jpg Le plus dur était fait, le raid de Corse ne devait logiquement pas poser de problèmes. Premier contretemps, nous ne partions pas C130 mais en Boeing 727, ce qui me faisait peur.l’avion a atterri à Solenzara  premier jour nous avons marché sur la route jusqu’au bivouac du Travo. Nous y étions dévorées par les moustiques malgré les litres de citronnelle  dont nous nous étions aspergées.

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beret-rouge.jpg Deuxième jour nous avons marché sur des sentiers à travers le maquis qui sentait tellement bon. Au second bivouac, celui du Ruvoli, le lendemain nous sommes montées jusque Tova. Une fois les tentes montées, nous étions «libres » Je m’apprêtais déjà à me glisser dans mon sac de couchage quand quelqu’un est venu me prévenir que le Chef de Corps m’appelait car il y avait un journaliste qui voulait me poser des questions. Ils se trouvaient un peu à l’écart de notre campement autour d’un feu de camp avec quelques autres autorités.

beret-vert.jpg L’étape suivante nous a menées jusqu’au sommet de l’Incudine en passant par la Muvrareccia et les bergeries de l’Asinao. Splendide ! Nous marchions sans matériel car tout était resté au bivouac puisque nous retournions dormir au même endroit. Nous étions quand même contentes d’arriver sur la plage le lendemain et de monter notre tente à l’Eucalyptus. La remise des brevets avait lieu dans le sable, heureusement que j’avais fait briller mes bottines.J’allais être appelée en même temps que le meilleur commando masculin et nous devions nous diriger en courant vers le Colonel DE POORTER qui allait nous remettre le brevet. Un brevet Cdo se fête et nous avons prouvé qu’en matière de Jupiler, il n’y pas que les hommes qui savent pourquoi. Nous avons pris soin d’acheter un casier de réserve avant la fermeture du bar, afin de continuer le plus longtemps possible.

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Le dernier jour était destiné à l’excursion jusque Bonifacio avec une halte à Porto Vecchio.Quand on croit avoir terminé mais qu’on doit encore se taper les kilomètres qui séparent l’Eucalyptus de la base, c’est moins marrant. C’est pourtant ce que nous avons fait le lendemain matin. Arrivées, il nous restait en plus à dire au revoir à nos copines de l’ESR qui repartaient directement en Allemagne. On a beau dire qu’on n'oubliera jamais ces beaux moments vécus ensemble, se quitter reste pénible, surtout après nos aventures. Je ne vais pas dire que ce que nous venions de vivre était exceptionnel, mais il n’y a quand même pas beaucoup de bonnes femmes qui ont eu la chance de le faire.Nous étions donc brevetées Para-Cdo.

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